22 janvier 2007
Vie ma ville
Bonjour à tous ! Après 15 jours d’absence, nous
reprenons la plume pour vous donner des nouvelles… fraîches ! En effet, il
ne fait pas très chaud en ce moment en Syrie, début janvier, il gelait le
matin, il a même neigé un jour ! Mais les flocons n’ont pas tenu… dommage.
En ce moment, climatiquement parlant, c’est la sécheresse : l’hiver,
saison la plus pluvieuse de l’année n’a pas encore eu son cota de
précipitations, les agriculteurs sont inquiets…
Le WE dernier, ballade dans la steppe de Mouchabak, église
abandonnée du Vème siècle à 35 kms d’Alep, presque en état de recevoir un
office ! Lors du pique-nique qui a suivit, nous nous sommes fait accostés
par Mohamed et Hammed, deux (très) jeunes bergers , étonnés de voir des
touristes dans leurs pâturages, des étrangers qui prennent du plaisir à marcher
dans le djebel… Clin d’œil à l’amiral, je sifflotais : « Et je conduit mon
troupeau, hoho, vers les haut pâturages,…. » bon, c’était pas le col
d’Aspin, mais bon, on a le droit de siffler hein !
Beaucoup d’entre vous nous demandent : « Et
vous mangez quoi comme légumes ? Et c’est très
différent ? » Pour vous répondre, regardez cette photo : chez
l’marchand d’légumes (khudâr) ,
on y trouve des tomates (Banadura), des
courgettes (), des patates (batata), des choux, des choux-fleur, des carottes
(djazra), des oignons (bâssal), des salades, des oranges (bordoural), … bref, comme chez vous ! Et à des prix en
moyenne 4x plus bas ! (on trouve aussi des bêtes bizarres: grenade, carottes noires, et une sorte de gros pamplemousse)
On trouve aussi de la viande, du bœuf (tout à 400LS = 6€ soit le kilo, filet comme viande hachée) et du poulet (faroudje), et du gros bien dodu, comme celui des landes de Pierre (si là tu mets pas un commentaire, j’saurais que tu lis pas notre blog) ;)
En ce moment, on vous l’a déjà dit, notre rue est en travaux…
yen a pour 3 mois comme ça et notre marchand de sac, en dessous de chez nous
est désespéré : pas beaucoup de clientes, de la boue et du bruit … il
fait la discute avec les ouvriers et devient conducteur de travaux !
Pour les nouvelles du boulot, Claire a préparé les examens de ses élèves (on mettra les sujets en ligne, pour voir si vous êtes forts en français), ça lui a à peu près pris tout le samedi en plus de la semaine ; et JB est à fond, à la fois secrétaire et décisionnaire… : procédures à mettre en place afin de « cadrer » le MBA, vérifier les notes des élèves, les transmettre aux entreprises, s’occuper des cours des profs, du projet annuel des étudiants, leur expliquer comment s’organiser pour mener à bien ce projet, donner des cours de français (3h / semaine le mardi soir) , …., bref, pas question de s’ennuyer !
Donnez nous de vos nouvelles et aller visiter l’album « vie ma ville », de nouvelles photos sont dispos… Et un conseil, pour vous mettre dans l’ambiance sonore, cliquez sur « diaporama »
06 janvier 2007
Les fêtes de fin d’année à Alep chez Claire et JB…
Pour changer, c’est nous (Stefan beau frère et Agnès sœur de JB) qui écrivons une page pour le blog en espérant être à la hauteur de la tâche !
24 décembre :
Pour commencer, petit conseil pratique : si vous voulez voyager serein, réservez votre billet d’avion à l’avance pour arriver directement à Alep et éviter ainsi de passer par Damas. Arrivés avec une heure de retard à 4h du matin à l’aéroport de Damas, il nous a fallu rejoindre le bus gratuit Alitalia soit disant facile à trouver (« Juste en sortant, c’est écrit en gros dessus !» - en réalité, affichage minuscule sur le pare brise en haut à gauche). Et puis, inutile de demander à la petite gare routière, ils ne parlent que l’arabe et veulent vous vendre un ticket pour Jenesaisoù ! Après 4h30 de route nous sommes arrivés à Alep, le bus nous a déposé au bord du trottoir au milieu de nulle part. Dépaysement garanti dès la première minute : que des hommes (il était trop tôt pour les femmes) dans la rue qui nous dévisageaient comme si nous arrivions de Mars. Heureusement, Claire et Jean-Baptiste sont arrivés très vite.
Après nous être remis de nos émotions nous sommes partis tous ensemble faire des courses pour le repas de Noël dans les petites rues autour de l’appartement. Ce qui nous étonnés, c’est que les « boutiques » sont très spécialisées : il y a une rue pour la viande, une autre pour les fruits et légumes etc…
Le soir : messe de Noël à minuit à l’église maronite juste à côté. Tout est en langue arabe mais les rites sont les mêmes (sauf au début où il y avait plusieurs processions dont une pour habiller l’évêque) donc on s’y retrouvait a peu près d’autant que les point cœurs, nous avaient prêté le livret de messe dans les deux langues. Merci beaucoup !
Grand repas de Noël avec Jean-Baptiste en maître de cérémonie. Les autres coopérants avaient été conviés pour festoyer. Au menu : foie gras (importé de France, merci aux parents !), terrine de légumes sans gélatine (introuvable, bravo JB !), taboulé syrien (sans semoule), dinde farcie aux marrons et pommes de terre, bûche (achetée chez un pâtissier) et n’oublions pas le pain aux raisins et à la confiture de figues…. Un vrai régal !!
Après avoir si bien mangé nous avons fait une promenade digestive dans la nuit (le soleil se couche à 16h30) dans les rues d’Alep.
26 décembre :
Réveil sous la pluie.
Découverte d’Alep avec un grand guide touristique : Claire pour qui les églises, les rues, le souk, la grande mosquée, la maison des fous, une fabrique de savon et autres curiosités n’ont plus de secrets !
Nous avons été impressionnés par Claire et Jean-Baptiste. Ils se débrouillent bien en arabe, assez pour ne pas se faire arnaquer par les taxis ou par les vendeurs et puis ils osent, ils essayent, ils y vont au culot et ça marche !!!
Par exemple, à la grande mosquée, on voulait nous faire payer l’entrée parce que nous ne sommes pas musulmans (alors que Claire et JB y étaient déjà entrés sans payer). Claire et JB ont argumenté pour ne pas payer mais ça n’a pas marché. Alors, au lieu de payer comme des bons touristes, on est parti et on a fait le tour de la mosquée pour rentrer par la porte des musulmans. Là,on s’est fait de nouveau repérer mais Claire a insisté en disant qu’elle voulait voir le tombeau de Zakarie, le père de Jean le Baptiste et qu’en tant que chrétienne, elle avait bien le droit d’y rentrer sans payer, juste pour voir le tombeau… et ça a marché ! Mais on était étroitement surveillés et donc nous n’avons pas pu aller dans la grande cour.
Autre exemple : la fabrique de savons : un endroit où Claire avait emmené ses élèves en guidage. Tout semblait fermé, il faisait presque nuit, mais bon allez, on y va , on toque, quelqu’un ouvre et après un cours échange nous fait visiter la fabrique qui n’est pas encore en service, il faudrait qu’on revienne la semaine prochaine.
Encore un autre : le souks ou les taxis : Hadesh ada ? (combien ça coûte ?) Rali (cher)!! Et si le vendeur ou le chauffeur ne baisse pas le prix, on s’en va, tout simplement ! En général, ça marche, quand on s’en va, le vendeur te rattrape dans la rue. C’est pas parce qu’on est des touristes qu’on doit se faire arnaquer ! Et puis maintenant, ils ont leur petit réseau de connaissances : on les reconnaît et on nous invite tous les quatre à boire le thé. Et comme Stefan et moi sommes de leur famille, on a droit à un prix spécial !
27décembre : Saint Siméon et Réfadé
Deux sites très jolis et calmes que Claire et Jean-Baptiste ont déjà visités. Ce jour la, Claire un peu fatigue s'est repose a la maison. Nous y sommes donc allés, toujours impressionnés par la « tchatche » de nos Syriens d’adoption : cette fois, il fallait négocier le service (mini bus). 
A Saint Siméon, nous avons rencontré le même homme qui avait invité Claire et JB à prendre le thé. Cette fois, il nous a invités à manger. Nous avions prévu de pique-niquer car l’endroit est magnifique mais lui ne comprenait pas l’intérêt de manger par terre alors qu’on serait mieux chez lui. Donc nous y sommes allés en moto : d’abord Stefan et moi, ensuite JB. La prochaine fois, il nous a expliqué qu’il faudrait rester dormir !
Nous avons eu bien du mal à partir pour Réfadé à pied car apparemment les Syriens sont assez anti-marche ! La promenade n’a pas l’air d’être un loisir très répandu !
28 et 29 décembre : Palmyre
Il n’y a qu’un mot : EXTRAORDINAIRE pour définir ce site. Même si le trajet s’est révélé être une vraie odyssée !
Trouver un bus : jusque là pas trop de problème mais parfois le bus n’est pas vraiment en bon état. En plus, avec l’Aïd (fête du grand sacrifice), les prix ont été augmentés et les bus sont pleins. Pour résumer le bus : 2h pour aller à Homs, puis changement de gare puis 2h pour aller à Palmyre. Dans le 2e bus, les gens nous regardaient avec étonnement… les cheveux blonds, ça en intrigue plus d’un. En tout cas encore une fois, mention spéciale à Claire et Jean-Baptiste qui se sont super bien débrouillés pour trouver le bon bus !
A noter sur les bus : on ne choisi pas sa place : quand on l’achète, on a un numéro de place et malheur à celui qui s’assoit à une place qui ne lui a pas été attribuée !
Palmyre : un endroit où les touristes sont pris en charge dès la sortie du bus. A notre arrivée, nous avons posés nos sacs à l’hôtel, défini le programme et mangé un morceau au « spring garden» restaurant géré par Mohamed, un polyglot
te qui connaît un certain Alexis que connaissent Claire et Jean-Baptiste. Ensuite, nous sommes allés voir le coucher de soleil du haut du château de Saladin puis notre chauffeur de taxi nous a emmenés voir des bédouins… qui vivent certes sous une tente mais avec l’électricité et le satellite : néons en guise d’éclairage, téléphones portables, télévision…de vrais bédouins quoi !!
Le soir : dîner au restaurant de Mohammed : Mensaf (plat traditionnel de Palmyre composé de poulet ou de mouton dans une sauce au pois chiches et accompagné de riz, de pommes de terre et de tomates… un délice ! Ensuite, Mohammed a enseigné le backgammon à Jean-Baptiste. En bref, une soirée bien sympathique.
Le lendemain, nous avions rendez-vous à 8h pour découvrir les ruines de Palmyre à dos de dromadaire. C’est impressionnant quand le dromadaire se lève puis après c’est un peu comme une promenade à cheval.
Palmyre (Tadmor) était une grande cité commerçante au cœur du désert de Syrie au IIIe siècle jusqu'à sa destruction par les Romains et à la chute de la reine Zénobie en 272. Nous avons trouvé ce site splendide, d’autant qu’il y avait très peu de touristes. On avait l’impression de découvrir des ruines car beaucoup de pierres sont encore par terre.
Un grand merci à Chantal, coopérante à Raqqa qui nous a offert des bonnets à Noël… ils ont été très appréciés !
Après une heure de dromadaire, nous avons visité le théâtre qui a été restauré et sert lors de l’organisation de certains événements puis le temple de Bêl (Zeus local).
Notre chauffeur nous a ensuite emmenés visiter deux nécropoles : la tour d’Elahbel et l’hypogée des trois frères, caveau souterrain remarquablement conservé.
Ensuite, nous nous sommes promenés dans l’Oasis où se ne sont pas des cocotiers mais des dattiers qui poussent.
A midi Mohamed nous a invité à déjeuner puis nous sommes repartis vers Alep.
30 décembre
Journée de repos, après toutes ces aventures, il fallait bien une grasse mat’ rythmée au son de l’Avé Maria du clocher maronite (qui sonne faux d’ailleurs).
31 décembre
Dernier jour de l’année 2006. Agnès et Stefan sont allés, en bons touristes, visiter la citadelle d’Alep. Pour le soir, après avoir été voir dans plusieurs restos, les prix étant assez élevés, avec des menus imposés, nous avons décidé de réveillonner à la maison. Ca tombait bien, il restait du foie gras et d’autres bonnes choses au frigo. Agnès s’est occupé du dessert en faisant une razzia à la pâtisserie, tellement elle restait ébahie devant les éclairs, parfaits et moelleux au chocolat à 25 Livres/ pièce (40 centimes d’euros). Pas de pétards ni de feux d’artifices tirés du balcon, mais les voisins étaient équipés et nous avons pu profiter du spectacle.
1er janvier 2007
Shopping dans Alep, après un repos bien mérité. JB a essayé d’acheter un jean et un pull, mais les jeans essayés étaient taillés pour des petites cuisses et un gros bedon (fo manger plus gras…) résulat moulé au niveau des fesses mais 15cm en trop à la ceinture. Les pulls, idem, ça flottait au niveau du ventre… et pourtant, le JB il est pas maigrelet ! Va falloir abandonner les boutiques bon marché et aller essayer ailleurs !
2 janvier
Visite des villes mortes dans les djebels Barisha et Ala. Ces sites sont impressionnants, pour reprendre l’expression de Stefan : « On dirait la Bosnie » Entendez par là, tout est en ruine, mais dans un excellant état de conservation, comme si ça avait été détruit il y a deux ans à peine. Pour cette visite, nous avons loué un service à la demande, le chauffeur nous a extorqué 1500 livres (le prix normal est 1000, mais avec l’Aïd, ils en profitent) ce qui est quand même bon marché. Au programme : la voie romaine de Tell Aqibrin, large de 6m qui reliait au IIeme siècle Antioche à Chalcis (Qinnesrin), Baqiha, Qualb Lozé, Qirqbizé, … Des églises du Vème siècle, des maisons, des temples, tout cela habité maintenant par les brebis que laissent paître les habitants du village d’à coté. 
Après cette excursion, JB et Claire ont accompagné les deux aventuriers jusqu’au bus Alitalia pour Damas, puis Paris.
Que d’aventures, bravo si vous avez lu ce messsage jusqu’au bout.
N’oubliez pas d’aller voir les albums photos, mis à jour.













